
Si vous êtes en train d’écrire le premier jet d’un roman ou une nouvelle, vous êtes sûrement déjà passé par cette phase où le doute s’installe. Est-ce que mon histoire tient la route ? Est-ce que les personnages sont intéressants ? Est-ce que j’ai du style ? Et, au final, est-ce que ça vaut le coup d’écrire ce truc ?
Ce sont des doutes qui me traversent souvent l’esprit, et j’ai remarqué que je ne suis pas la seule à les éprouver. Qu’on soit auteur « confirmé » ou jeune plume, personne n’est vraiment à l’abri.
C’est justement de ça qu’on va parler aujourd’hui : qu’est-ce vraiment que le premier jet, pourquoi c’est une étape impressionnante, et surtout pourquoi il ne faut pas se prendre la tête avec
Qu’est-ce que le premier jet d’écriture ?
Tout simplement, le premier jet, c’est la première version terminée de votre histoire. Celle qui sera ensuite travaillée, réécrite, corrigée, maudite, retravaillée, recorrigée, insultée, reretravaillée, rerecorrigée… Bref, vous voyez où je veux en venir. Le premier jet, c’est juste ça : une version écrite de votre histoire avec un début, un milieu et une fin.
Déjà, je vais vous détendre tout de suite : un premier jet d’écriture n’est jamais la version finale d’un roman, c’est un point de départ.
Mais, on ne va pas se mentir, c’est une étape impressionnante, parce que c’est la première brique de tout un projet. Il est facile de se dire que, si on la rate, tout est fichu. Mais je ne suis pas du tout d’accord, et je vais vous expliquer pourquoi.
Le seul intérêt du premier jet, c’est d’exister
Ça ne va pas plus loin que ça. Le premier jet permet avant tout de sortir l’histoire de votre tête pour la poser sur le papier (ou dans un fichier informatique, si on veut être précis). C’est un brouillon, une ébauche.
Ce qui veut dire que certains passages seront bons, d’autres beaucoup moins, d’autres carrément mauvais. Et ce n’est pas grave du tout. Le premier jet n’a pas vocation à être parfait. Pour comprendre pourquoi, il faut d’abord se poser une autre question.
C’est quoi, une bonne histoire ?
Pour moi, une bonne histoire, c’est :
- Un récit qui tient la route, avec un début, un milieu et une fin satisfaisante
- Du rythme et des rebondissements
- Un univers cohérent
- Des personnages qu’on adore ou qu’on déteste, mais qui ont leur propre caractère, qui vont grandir et évoluer
- Un style d’écriture, poétique, épique, sombre, travaillé, en fonction de ce que vous aimez et de ce que vous avez envie de raconter
- Un texte travaillé, et sans fautes.
Je vous laisse regarder la longueur de la liste, et encore, elle n’est pas exhaustive. Écrire une bonne histoire, ça implique de combiner une multitude de paramètres et de les ajuster les uns par rapport aux autres. C’est tout simplement impossible à réussir du premier coup.
Depuis le temps que j’écris et que je lis, je n’ai encore rencontré personne capable d’écrire parfaitement dès le premier essai. Oui, certains auteurs écrivent très bien dès le départ (Andréa Deslacs, par exemple). Oui, certains passages sortiront parfaitement du premier coup. Mais autant vous mettre ça dans le crâne tout de suite : écrire, c’est aussi réécrire. Alors, inutile de vous mettre la pression pour chercher une perfection immédiate dès le premier jet.
Ce qui m’amène à mon troisième point.
Soyez bienveillant avec vous-même
Oui, je sais, on sort la bienveillance à toutes les sauces actuellement. Mais c’est un concept dans lequel je crois profondément.
Écrire, c’est dur, c’est compliqué. Si vous débutez, vous devez apprendre une quantité astronomique de concepts et de techniques. Et même si vous avez déjà un peu de bouteille, chaque nouveau projet est un défi à relever. Alors oui, le premier jet ne sera pas parfait. Mais je vous invite vraiment à vous féliciter de l’écriture plutôt que de sortir le fouet pour vous flageller dès que vous avez l’impression que ce que vous écrivez est nul.
Parce que souvent, c’est justement ça, une impression. Croyez-en mon expérience, quand vous relirez ce que vous avez écrit, oui, il y a aura des éléments vraiment mauvais. D’autres pas terribles. Des passages moyens. Mais il y aura aussi du bon, voire du très bon.
Je reprends volontiers cette phrase de Stephen King : on écrit son premier jet porte fermée, et on corrige porte ouverte. Traduction : votre premier jet, c’est d’abord et avant tout pour vous. Alors, faites-vous plaisir, écrivez votre histoire comme vous le sentez, comme vous en avez envie. Vous n’êtes absolument pas obligé de montrer cette version à qui que ce soit.
D’ailleurs, mes propres premiers jets sont souvent très crades et boiteux : je préfère largement les retravailler avant de les montrer à qui que ce soit. Honnêtement, les personnes qui ont lu un de mes premiers jets se comptent sur les doigts d’une main. Alors, lâchez-vous, personne ne vous jugera sur cette version-là.
Ce que vous gagnez à dédramatiser le premier jet
Une fois que vous aurez posé le mot « fin » sur votre premier jet, vous vous sentirez plus léger, et vous aurez déjà accompli une bonne partie du travail. Il ne restera « plus que » les corrections… mais ça, c’est une autre histoire. Je suis d’ailleurs en train de préparer un programme d’accompagnement pour les corrections. Si ça vous intéresse, contactez-moi !
En résumé, retenez simplement ceci : le premier jet n’a pas besoin d’être parfait, il a seulement besoin d’exister. Alors, la prochaine fois que le doute s’installe pendant l’écriture de votre premier jet, rappelez-vous que même les meilleurs auteurs réécrivent, et que la seule vraie erreur serait de ne jamais aller jusqu’au bout.
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