La fantasy, c’est un genre que j’adore. Je l’ai découvert j’avais une douzaine d’années, j’ai plongé dans le chaudron et je n’en suis jamais ressortie. Et aujourd’hui, j’ai envie de partager ma passion et de répondre à une question toute simple : qu’est-ce que la fantasy ?
Que vous soyez lecteur curieux ou que vous rêviez de savoir comment écrire un roman de fantasy, cet article va vous donner toutes les clés pour comprendre ce genre que j’adore. Et surtout, il vous donnera des arguments quand quelqu’un vous dira en repas de famille « ouais mais la fantasy, c’est pour les gosses, c’est que des histoires de fermier qui découvrent qu’ils ont une épée magique dans leur grenier et qu’ils sont fils de roi ». Des arguments autre que « mettre un grand coup d’épée dans la figure », on s’entend ^^.

Qu’est-ce que la fantasy : comprendre les bases
C’est compliqué à définir de manière exhaustive, mais si on veut faire simple, la fantasy, c’est une histoire qui se passe dans un monde imaginaire, où le surnaturel (que ce soit la magie, ou des créatures fantastiques) existe et est connu.
Je vous rappelle la distinction faite dans mon précédent article sur le fantastique : le fantastique se déroule lui dans le monde réel, où on voit apparaître du surnaturel. Je précise, parce que je vois souvent la confusion entre ces deux genres de l’imaginaire.
La parabole du chat : une explication simple
Pour ceux que ça intéresse, je vous renvoie à la Parabole du chat, de Denis Guiot. Si on a un chat qui se frotte dans les jambes de son maître et miaule pour demander à manger, on est dans la littérature mimétique, qui imite la réalité. Si le chat engueule son maître avec des mots, parce que la pâté n’arrive pas assez vite, là on est dans la littérature non mimétique, avec trois options :
- S’il parle et que ce n’est pas normal, c’est du fantastique
- S’il parle et que c’est normal, parce que c’est une avancée technologique, c’est de la SF
- S’il parle et que c’est normal (parce que c’est un animal magique, parce que les humains ont la faculté de communiquer avec les animaux, parce qu’il y a une explication magique), c’est de la fantasy
Donc voilà, ça c’est une définition à la grosse, parce qu’on va voir que, bien évidemment, ça n’est pas aussi simple. Et pour bien comprendre la richesse de la fantasy, je vous propose un petit historique rapide.
L’histoire de la fantasy : des origines à aujourd’hui
Les racines du genre
Le terme de Fantasy a fait son apparition en 1949, et plus récemment encore dans notre dictionnaire français, mais malgré tout, le genre puise ses racines dans le merveilleux : les contes, les légendes, le folklore notamment. Ce merveilleux et ce goût des contes est remis au goût du jour à la fin du XIXe, notamment par des auteurs comme Dunsany.

L’essor de la fantasy moderne
Dans les années 30, comme pour la science-fiction, le genre est popularisé par les pulps : des magazines peu coûteux qui publient des histoires le plus souvent imaginaires.
Mais le vrai raz-de-marée, c’est Tolkien avec son Seigneur des anneaux, publié en 54 et 55 qui lance et codifie la fantasy.
Le genre s’est vraiment développé à partir des années 60/70 aux États-Unis. En France, c’est un peu plus timide. Le Seigneur des anneaux n’a été traduit qu’en 72, et au départ, les livres de fantasy étaient surtout des traductions d’ouvrages anglo-saxons.

Il y a quand même une bonne scène fantasy francophone, j’y reviendrai plus tard dans l’article.
Les sous-genres de la fantasy : un univers riche et varié
Comme je le disais en début d’article, je vous ai donné une description assez basique pour répondre à la question « qu’est-ce que la fantasy », parce qu’en vrai, elle se décline en pas mal de sous-genres. Si vous voulez savoir comment écrire un roman de fantasy, il est essentiel de connaître ces différentes catégories.
La high fantasy ou fantasy épique
C’est, je pense, le genre le plus connu, avec des œuvres comme le Seigneur des anneaux de Tolkien, ou la Roue du Temps de Robert Jordan. En auteurs français, le cycle de Ji de Pierre Grimbert est un bon exemple.
On va être sur une fantasy très héroïque, avec des héros très nobles, des méchants très vils. On a en général une opposition assez marquée entre le bien et le mal.
La dark fantasy
La dark fantasy, elle va emprunter des codes de la high fantasy, mais en général avec des valeurs morales plus troubles.
On va plus volontiers avoir des anti-héros, ou des personnages à la moralité douteuse.
Œuvres de référence :
- La Compagnie Noire de Glen Cook
- Les Ravens de James Barclay
- Berserk (manga)
- Dark Souls (jeu vidéo)
- L’Archipel des Numinées de Charlotte Bousquet (autrice française que je vous recommande !

La low fantasy
On va être dans un monde avec peu de magie, voire pas du tout.
Très souvent, ce sont des histoires qui essayent d’être le plus réalistes possibles, où on va s’intéresser beaucoup à la vie quotidienne des gens, au fonctionnement des royaumes ou aux intrigues politiques.
Exemples :
- Game of Thrones (au moins le début de la série, où en fait, il n’y a pas du tout de magie)
- Les premiers tomes du Sorceleur (peu de magie dans le monde, on s’attache surtout à la vie quotidienne et aux emmerdes de Geralt)
- L’assassin royal de Robin Hobb (la magie est quelque chose de très rare et réservé à la famille des Loinvoyant).
La light fantasy ou fantasy humoristique
L’auteur principal, c’est Terry Pratchett et sa saga du Disque-Monde.
La light fantasy emprunte des codes des autres genres pour les détourner, les parodier, leur rendre hommage, faire rire, mais aussi critiquer.
En auteurs francophones :
- John Lang et son fameux donjon de Naheulbeuk
- Jean-Claude Dunyach
- Catherine Dufour
- Audrey Alwett

La sword and sorcery
C’est un genre un peu en déclin aujourd’hui mais qui a eu ses belles heures. Le représentant le plus connu, c’est Conan de Robert Howard.
La sword and sorcery met en scène souvent des barbares ou des aventuriers, qui vont devoir combattre des sorciers, ou délivrer des princesses. C’est un genre plutôt axé sur l’aventure et l’exotisme.
La Cosy fantasy
Genre qui a pris son ampleur ces dernières années, la cosy fantasy est une fantasy avec des enjeux plus « humains ». A l’instar de Viv, protagoniste orque de Légendes et Latte de Travis Baldree, qui veut juste ouvrir et faire prospérer son café, les personnages de cosy fantasy ont des attentes « normales » et cherchent plus le bonheur et l’accomplissement personnel que le sauvetage du monde.

Les sous-genres hybrides : quand la fantasy brouille les pistes
Ça, globalement, c’est les grands genres « historiques ». Mais il y en a d’autres qui existent et qui brouillent bien les pistes. Ces catégories sont particulièrement intéressantes si vous cherchez à savoir comment écrire un roman de fantasy original.
L’urban fantasy
C’est un genre assez récent, qui a explosé au cours des 10/15 dernières années. Et là, on arrive au mélange des genres dont je parlais.
L’urban fantasy se déroule en général dans le monde contemporain, où existent des créatures surnaturelles, dont le commun des mortels n’a pas conscience. Ça, c’est super intéressant parce qu’on a à la fois le côté fantastique (l’irruption du surnaturel dans le réel) et le côté fantasy (le monde inventé, avec ses codes et, le plus souvent, sa magie).
Séries phares :
- Mercy Thompson
- Anita Blake
La fantasy historique
On réinvente une période historique, mais avec de la magie. Ça peut être une uchronie, comme les séries de Pierre Pevel (Wielstadt, ou les Lames du Cardinal) ou garder une trame historique, mais avec des éléments magiques.
Là aussi, on voit que la distinction entre fantasy et fantastique, elle n’est pas aussi nette que ce qu’on voudrait bien penser.
C’est un genre plutôt pas mal représenté en France, avec des auteurs comme :
- Jean-Philippe Jaworski
- Fabien Cerutti
- Justine Niogret
- Jean Luc Del Soccoro

La gaslamp fantasy
C’est une des branches de la fantasy historique, qui se passe plutôt au XVIIIe/XIXe et qui a des traits communs avec le steampunk. Vous aimez bien, hein, quand les sous-genres génèrent des sous-genres, avouez.
Exemples :
- À la croisée des mondes de Philip Pullman (surtout le 1er tome)
- Carnival Row (série)
La science fantasy
En général, elle met en scène des mondes apparemment fantasy, avec de la magie, des créatures, etc, mais avec un volet plus technologique. Ça peut être des inventions, des méchas, des vaisseaux, ou bien un savoir perdu qui refait surface.
Œuvres de référence :
- Marion Zimmer Bradley et Ann McCaffrey (des mondes qui commencent avec de la fantasy et où on retrouve des machines, un contact avec d’autres sociétés spatiales)
- Final Fantasy (série de jeux vidéo)
- Le Soleil des Hommes de Julie Limoges chez Hydralune
Et, vous le constatez, ici on brouille les frontières entre fantasy et SF.
Comment écrire un roman de fantasy : quelques pistes
Maintenant que vous savez qu’est-ce que la fantasy et que vous connaissez ses différents sous-genres, voici quelques conseils si vous souhaitez vous lancer dans l’écriture :
1. Choisissez votre sous-genre
Avant de commencer, demandez-vous quel type de fantasy vous voulez écrire. High fantasy épique ? Urban fantasy contemporaine ? Dark fantasy sombre ? Chaque sous-genre a ses codes et son public.
2. Construisez votre univers
C’est la base de la fantasy. Votre monde doit être cohérent, avec ses propres règles magiques, sa géographie, son histoire, ses cultures. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès de worldbuilding au détriment de l’intrigue.
3. Définissez les règles de votre magie
Si votre monde contient de la magie, elle doit avoir des règles claires et des limites. Une magie sans contrainte tue toute tension narrative.
4. Lisez beaucoup dans le genre
Pour savoir comment écrire un roman de fantasy, la meilleure école reste la lecture. Analysez ce qui fonctionne chez vos auteurs préférés, identifiez les clichés à éviter, et trouvez votre propre voix.
5. Faites-vous plaisir !
Expérimentez, tentez des mélanges, la fantasy est un genre tellement vaste, en constante réinvention, il y a de la place pour la nouveauté !
La scène francophone : une fantasy riche et variée
Vous remarquerez que, si on a été un peu à la traîne, il y a maintenant une bonne scène francophone, très riche et variée et ça, ça fait plaisir.
De Pierre Grimbert à Charlotte Bousquet, en passant par Jean-Philippe Jaworski ou Julie Limoges, les auteurs français et francophones ont prouvé qu’on pouvait créer des univers tout aussi passionnants que nos voisins anglo-saxons, avec notre propre sensibilité.
Pour découvrir les auteurs français, venez nous retrouver en salon ! Les Imaginales à Epinal sont la destination phare, mais il en existe plein d’autres (Les Utopiales à Nantes, l’Ouest Hurlant à Rennes, les Halliennales à côté de Lille, Trolls et Légendes chez nos amis belges, Yggdrasil à Lyon, le TGS à Toulouse, Etrange Grande à Hettange et j’en oublie sûrement !)
Conclusion : la fantasy, un genre en perpétuelle évolution
Voilà, ceci est un bref tour d’horizon pour répondre à la question « qu’est-ce que la fantasy ».
Bien évidemment, comme je le disais en intro, les genres sont perméables et les frontières ne sont jamais très définies, mais c’est normal et c’est même rassurant, car ça montre que la fantasy est en perpétuelle évolution.
Que vous soyez lecteur passionné ou aspirant auteur cherchant à savoir comment écrire un roman de fantasy, j’espère que cet article vous aura donné les clés pour mieux comprendre ce genre fascinant.
Vous pouvez retrouver une vidéo sur le sujet sur ma chaîne YouTube.
Et vous, quelles sont les œuvres de fantasy qui vous ont le plus marqué ? Dites-le-moi en commentaire !