C’est quoi la science-fiction ? Si vous vous posez cette question, vous êtes au bon endroit. La SF (abréviation courante de science-fiction) est l’un des genres littéraires de l’imaginaire (avec le fantastique, la fantasy et le steampunk).
On dit souvent que c’est l’un des « mauvais genres », au sens où écrire de l’imaginaire, c’est souvent moins bien vu qu’écrire de la littérature plus classique entre guillemets (comprenez qui se déroule dans un univers « réel ». Oui, là aussi, je mets des guillemets parce dès l’instant où c’est de la fiction ce n’est pas « réel », il y aurait un débat philosophique à faire là-dessus, on en parlera peut-être un prochaine fois).
Ce qui est intéressant avec la SF, c’est que c’est un genre très riche, fortement représenté en littérature, mais aussi au cinéma. Parfois décriée, souvent ramenée à des clichés, la SF est toujours bien vivante et elle a un impact considérable sur notre monde (et pas que sur la pop culture).
Dans cet article, je vous propose un petit tour d’horizon de ce genre, pour vous donner envie d’en lire, mais aussi d’en écrire !

Définition : C’est quoi la science-fiction ?
La science-fiction est une littérature de l’imaginaire dans laquelle l’univers décrit diffère du monde réel.
Je vais reprendre une image que j’ai déjà utilisé dans d’autres articles, celle du chat.
Si un personnage donne à manger à son chat et que celui-ci répond par un simple « miaou », on est dans la littérature « mimétique », au sens où elle imite le réel. Si le chat répond « t’es gonflé, ça fait au moins 5 minutes que j’attends », on est dans la littérature non mimétique, qui diffère du réel. Et donc, on entre dans les genres de l’imaginaire.
- Si le personnage prend peur, car ce n’est pas normal que le chat lui réponde, on est sur du fantastique (irruption du surnaturel dans un univers « réel »).
- Si c’est normal que le chat réponde parce qu’il y a une explication magique et que la magie est connue dans cet univers, on est sur de la fantasy.
- Si c’est normal que le chat réponde parce qu’il y a une explication scientifique (manipulation génétique, chat robot, etc) on va être sur de la science-fiction.
Donc, résumé très simplement, la science-fiction, c’est quand les différences avec le monde réel sont expliquées et justifiées par la science.
La SF a connu une explosion dans les années 50, mais comme les autres genres de l’imaginaire, elle repose sur des racines bien plus anciennes, et se décline aujourd’hui en une multitude de sous-genres. On va commencer par revoir un peu d’histoire..
Une brève histoire de la science-fiction
Les origines du genre
Le terme « science-fiction » aurait été inventé en 1929 par Hugo Gernsback, dont le nom est aujourd’hui associé au célèbre prix Hugo, qui récompense chaque année les meilleures œuvres du genre.
Mais les précurseurs sont bien antérieurs : on peut citer Cyrano de Bergerac ou le Micromégas de Voltaire comme ancêtres lointains. Au XIXe siècle, le « merveilleux scientifique » s’impose avec Mary Shelley (Frankenstein), Jules Verne et H.G. Wells.

L’âge d’or américain : les pulps
La science-fiction se popularise vraiment dans les années 1930-1950 aux États-Unis grâce aux pulps : des magazines bon marché publiant des nouvelles à grande échelle. La qualité y était très variable, avec quand même beaucoup de couvertures à base de jeunes femme dénudées.
Mais, le fait que le prix soit accessible a permis de démocratiser la littérature et a créé un grand lectorat. Et de grands noms comme Isaac Asimov y ont fait leurs débuts.

La SF en France
En France, le genre connaît un certain succès dans les années 1950, notamment grâce à des collections comme le Fleuve Noir. Malgré une image parfois dévalorisée, une vraie scène SF française émerge, avec des auteurs comme Jean-Pierre Andrevon, Ayerdhal ou Roland C. Wagner.

Voilà pour cette histoire résumée très simplement de la science-fiction. C’est un genre assez récent, comparé au fantastique par exemple, mais qui a très vite marqué la culture en général de son empreinte. Surtout, loin des clichés « la SF, c’est des histoires de petits hommes verts », c’est une littérature complexe, complète, avec de nombreux sous-genres.
Les principaux sous-genres de la science-fiction:
L’anticipation
L’anticipation se déroule dans un futur proche, cherchant à imaginer comment le monde pourrait évoluer. On y trouve peu d’innovations technologiques spectaculaires : l’accent est mis sur les transformations sociétales et humaines.
En exemple, je vous citerai Le Problème à Trois Corps, de Liu Cixin, surtout le 1er tome de la série, qui explore comment évoluerai l’humanité si elle entrait en contact avec une civilisation alien hostile.
Le cyberpunk
Dérivé de l’anticipation, le cyberpunk se déroule dans un futur très informatisé et mécanisé, souvent sombre et dystopique. C’est un genre qui interroge la place de la technologie dans nos vies et les inégalités qui en découlent.
Une des œuvres fondatrices, c’est Neuromancien de William Gibson. Récemment, les livres Carbone modifié de Richard Morgan et le jeu Cyberpunk 2077 ont ramené le cyberpunk sur le devant de la scène.
Mais moi, mon œuvre phrare, c’est l’anime Ghost in the Shell

Le post-apocalyptique (post-apo)
Dans ce sous-genre, le monde a subi une catastrophe majeure (effondrement économique, guerre, cataclysme naturel). L’humanité tente de survivre dans un environnement hostile et dévasté.
Bon, l’exemple culte c’est la série des Mad Max (et toutes les inspirations plus ou moins heureuses qu’il y a eu derrière)

A noter qu’en France, une autrice s’est pas mal illustrée dans le post apo, Julia Verlanger (qui a d’ailleurs écrit sous le pseudo masculin de Gilles Thomas au début de sa carrière)
La dystopie
La dystopie imagine le pire futur possible, souvent totalitaire et oppressif. Elle sert fréquemment de miroir critique à notre société actuelle.
Impossible ici de ne pas citer les classiques : 1984 de George Orwell, Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
Ces derniers temps, la dystopie est revenue au goût du jour (ce qui n’est pas le plus rassurant, vu les évolutions de la société et les actualités internationales). On peut citer La Servante Écarlate de Margaret Atwood ou les Hunger Games de Suzan Collins.
En France, on peut citer le carton Absolu de Margot Dessenne, ou encore Dissidentes de Tosca Noury (qui reprend des thèmes de la Servante Ecarlate)
Le space opera
Le space opera, c’est de l’aventure dans l’espace ! Il emprunte souvent les codes de la fantasy (héros, quêtes, antagonistes) en les habillant d’un décor galactique. La cohérence scientifique n’est pas la priorité : on s’y intéresse avant tout au récit et aux personnages.
L’exemple emblématique, c’est bien sûr Star Wars
Le planet opera
Proche du space opera, le planet opera se concentre sur une planète unique dont on suit l’évolution sur de longs cycles, parfois à travers des siècles d’histoire. La rigueur scientifique varie selon les œuvres.
Et là, impossible de ne pas citer Dune de Frank Herbert (là aussi remis au goût du jour par une récente adaptation)
La hard SF
La hard SF est le sous-genre le plus exigeant : il vise à être le plus réaliste et scientifiquement rigoureux possible. Les auteurs s’appuient sur de véritables recherches pour construire leurs univers.
En exemple, je vous citerai bien La Trilogie martienne de Kim Stanley Robinson (l’auteur a consacré près de dix ans de recherches à rendre sa terraformation de Mars la plus crédible possible)
Cas particulier : l’uchronie, est-ce de la SF ?
L’uchronie consiste à imaginer un monde dans lequel un événement historique s’est déroulé différemment, entraînant une évolution alternative de l’histoire. Mais est-ce de la science-fiction ?
La réponse est nuancée. Certaines œuvres uchroniques relèvent de la SF (Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, Retour vers le futur), d’autres s’apparentent à la fantasy (Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel) ou au steampunk (La Lune seule le sait de Johan Heliot). D’autres encore sont de purs romans d’aventure, comme La Porte des Mondes de Robert Silverberg.
L’uchronie est donc un genre à part entière, qui peut se croiser avec la SF sans pour autant en faire partie systématiquement.
Voilà qui conclut cette partie sur les sous-genres qui vise plus à brosser un tableau qu’à être vraiment exhaustive. D’autant plus que les genre peuvent se croiser et s’hybrider.
Alien, que j’adore (et dont j’écoute la BO en écrivant cet article), c’est de la SF (l’espace, les vaisseaux, etc), mais avec des codes du fantastique et de l’horreur.

Pourquoi lire de la science-fiction ?
Qu’est-ce que la science-fiction apporte à ses lecteurs ? Du dépaysement et du divertissement déjà. Et ce n’est pas un gros mot !
J’aime les livres qui sont capables de me transporter dans un autre univers, de faire exister d’autres races, d’autres manières de vivres, d’autres cultures.
La SF sert à divertir, mais c’est aussi un genre profondément réflexif pour moi, qui à travers le prisme de l’imaginaire, interroge sur des questions fondamentales : l’intelligence artificielle, les inégalités sociales, l’environnement, le pouvoir politique — à travers le prisme de l’imaginaire.
Expérimentez, tentez des mélanges, la fantasy est un genre tellement vaste, en constante réinvention, il y a de la place pour la nouveauté !
C’est quoi la science- fiction, le mot de conclusion
Qu’elle soit sombre ou lumineuse, rigoureuse ou aventureuse, la science-fiction est un genre fascinant qui ne cesse de se réinventer. De Asimov à Margaret Atwood, de Dune à Cyberpunk 2077, les œuvres de SF nous invitent à penser le monde autrement.
Vous pouvez retrouver une vidéo sur le sujet sur ma chaîne YouTube.
Et vous, quelles sont vos oeuvres de SF préférées ? Partagez-les en commentaire !